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Rumer chante les larmes de Nashville

Patrick Foulhoux

Patrick Foulhoux

patrick.f@scarlettemagazine.com

Star internationale, Rumer est une immense artiste anglaise étonnamment méconnue en France. Pour son cinquième album en dix ans, elle s’est attachée à revisiter quinze titres d’un obscur chanteur country texan connu des seuls initiés, Hugh Prestwood. Elle est comme ça Rumer.

D’entrée comparée à Carole King, excusez du peu, Sarah Joyce — alias Rumer — a placé de nombreux titres dans les charts anglais. À se demander comment une voix pareille n’est jamais parvenue jusqu’à nous. Alors qu’aux Etats-Unis, elle a été invitée à se produire à la Maison Blanche par Barak Obama. Dès son premier album, Seasons of My Soul (Atlantic, 2010), Rumer imposait sa signature vocale, velours flottant sur un tapis de soie au milieu de nuages barbe à papa. Dès son deuxième album, Boys Don’t Cry (Atlantic, 2012), elle surprenait son auditoire avec des reprises empruntées non pas à Cure contrairement à ce que l’intitulé du disque laisse à penser, mais à Richie Havens, Todd Rundgren, Neil Young, Tim Hardin ou Leon Russell parmi d’autres. Un répertoire à sa mesure. Pour son troisième opus, Into Colour (Atlantic, 2014), elle offre un disque de sa composition et valide ce que nous savions déjà, Rumer est une des plus belles voix du nouveau millénaire. En 2016, elle s’attaque au répertoire de Burt Bacharach et Hal David avec This Girl’s In Love (East West), taillé dans ses cordes pour un album absolument divin. Chanter Bacharach, ça coulait de source pour elle. Burt Bacharach prête d’ailleurs sa voix et son piano pour la relecture de “This Girl’s in Love”. On attendait en 2018 un nouvel ouvrage composé de chansons originales pour tenir le rythme d’un album tous les deux ans. Et en 2018, rien. Il aura fallu attendre 2020 pour Nashville Tears.

Nashville Tears

Où on attendait des compositions originales, c’est encore un disque de reprises. Cette fois, Rumer a été dénicher un compositeur américain relativement méconnu. Hugh Prestwood. Un New-Yorkais installé au Texas pourvu d’un solide répertoire country. Autant dire que les quinze chansons proposées dans un magnifique écrin, un double vinyle, pourraient passer pour originales tant elles nous sont étrangères. À la façon qu’a Rumer d’interpréter Hugh Prestwood, on a une idée très précise de l’ambiance bucolique et printanière que le chanteur américain s’efforce à installer. Tout en douceur, en caresses, la voix soyeuse de Rumer drapée dans des orchestrations haute couture cajole l’auditeur. En un mot comme en mille, c’est beau. Jolie façon de découvrir une des plus belles voix de notre époque.

Rumer, Nashville Tears, Cooking Vinyl

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