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Mustang, enfin un nouvel album

Patrick Foulhoux

Patrick Foulhoux

patrick.f@scarlettemagazine.com

Le dernier album des Auvergnats remonte déjà à 2014. C’est le grand retour de Mustang avec un Memento Mori qui contient une belle brochette de chansons promises à de beaux lendemains.

« Après le précédent album, on a dû trouver un nouveau label. On avait les chansons, mais il a fallu qu’on trouve un moyen pour l’enregistrer techniquement sans label. Ça a pris pas mal de temps. Il y a également eu des péripéties techniques de type crash d’ordinateur. C’était la première fois qu’on s’enregistrait tout seuls, en tout cas pour une partie de l’album. Notamment toutes les voix qu’il a fallu refaire » annonce Jean Felzine en préambule, le chanteur, pour expliquer ce long hiatus. Ceci dit, Mustang n’a pas chômé, le trio a sorti un ep en 2017 et a même tourné en Angleterre avec Blondie. Cette petite introduction étant posée là pour rassurer les fans inquiets.

Loyal et honnête

Aujourd’hui, Jean Felzine vit en région parisienne, le bassiste Johan Gentile est toujours à Clermont où il donne des cours de musique et, après l’enregistrement de Memento Mori, le groupe s’est séparé de Rémi Faure, le batteur, pour cause de divergences musicales. « Le nouveau s’appelle Nicolas Musset. C’est lui qui nous accompagnait en tournée pour notre duo avec Jo Wedin. » Memento Mori sort le 19 mars quoi qu’il advienne, emmailloté avec un visuel de David Simonetta qui illustre également chaque chanson d’une peinture. Musicalement, ce nouvel album sonne joyeux, léger, ce qui paraît surprenant à la lecture de son titre, Memento Mori. « Vu qu’on avait un peu disparu des écrans, les gens pensaient que le groupe s’était arrêté ou même, était peut-être mort. Le titre de l’album vient de là, une manière de jouer avec ça » justifie Jean Felzine. Le disque débute par une “Loyal et honnête” musicalement marquée électro-pop 80’s, très dansant pour un texte désenchanté à l’instar de tout l’album. Il y a une forme de dichotomie entre la musique lumineuse de Memento Mori d’un côté et des textes pas forcément très drôles de l’autre. « C’est sans doute le disque le plus sombre qu’on ait fait » admet volontiers le chanteur. On imagine que le texte de la funky pop “Fils de machin” est un clin d’œil au “Fils de personne” de Johnny. « C’est marrant, j’y ai pensé. “Fils de machin” évoque toutes ces filles et ces “fils de” qui courent après le nom de leurs parents. Je les plains plus que je les envie. » La très jolie “Dissident” met une mine à toutes les langues de vipère qui ont toujours micro ouvert pour inoculer leur venin à une population de plus en plus désorientée et en détresse. “Dissident” avance à pas légers sur un ton pop un rien nonchalant : « Je m’en fous un peu de savoir comment elle sera prise, c’est à prendre ou à laisser. Ça évoque cette “dissidence” à la française. Des personnes qui se revendiquent esprits libres, esprits critiques, mais en fait, ne font que répéter les préceptes de leur gourou, c’est ça qui me faisait rire, qui m’amusait. C’est ce que dit la chanson : “Je suis un esprit libre et indépendant, je distingue le bien du mal comme m’a appris Alain Soral”. Je n’aime pas qu’on parle de “fachosphère”, je pense que c’est plus compliqué que ça, mais c’est très grave, on n’en a pas fini avec ça. J’aurais pu aussi écrire un couplet sur les mecs qui prétendent que la terre est plate et qui utilisent Internet, un média hautement scientifique, pour répandre des concepts obscurantistes. Ça me fascine. »

Memento Mori

« Musicalement, pour cet album, on a synthétisé pas mal de choses qui faisaient notre style. Il y a des guitares un peu saignantes et beaucoup de mélodies en même temps. Quelques ballades, un peu de synthétiseur. D’un point de vue du style, c’est probablement un des disques les plus cohérents qu’on ait fait. Pour les thèmes, ils reflètent notre époque, une époque pas particulièrement réjouissante. » Memento Mori est un florilège de sonorités provenant des années 50, 60, 70 et 80. « Pour “Je ne donne pas cher de la nuit”, on a été pioché dans des choses qu’on écoutait quand on était adolescents dans les années 90. » Une des singularités de Mustang, c’est la voix chaude et soyeuse de Jean Felzine qui là, plus que jamais, est encore plus assurée que d’habitude, plus mise en valeur. « C’est peut-être dû au fait qu’on a dû refaire toutes les voix. J’ai chanté une première fois du mauvais côté du micro, il a fallu recommencer. On a découvert qu’il y avait un sens pour chanter dans les micros de studio, du côté où il y a le logo. La voix, ça a toujours été un truc important pour moi » et aussi pour les fans de Mustang qui trépignent déjà à l’idée d’avoir enfin un nouvel album à se mettre sous la dent.

Memento Mori (Prestige Mondial / Sony)

Site : Mustang

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1 Commentaire
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Roberto
1 mois il y a

Merci pour cet article ; ces clowns m’ont (réellement) bien fait rire !

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