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Saison blanche et poudre en pagaille

Gian-Pietro Aniello

Gian-Pietro Aniello

gian.a@scarlettemagazine.com

Ce matin, je me lève de mauvaise humeur : nous sommes le 6 février, il fait frais en Auvergne et le ciel chargé de poussières sahariennes, a des reflets orangés. J’aurais dû être sur la route à cette heure-ci ; pas cette année.

Ça fait des mois que j’attends ça. Que je ronge mon frein. Que je « mate » des photos (les miennes, elles sont trop belles). 
Des mois aussi que je me prépare. Physiquement d’abord, histoire de ne pas flancher à la moitié du caquelon de la célèbre fondue savoyarde aux cèpes du Matafan. Et mentalement aussi ; parce que la montagne en hiver m’émerveille et m’émerveillera toujours.

Ca commençait bien.....

Crédit Photo : Gian-Pietro ANIELLO

J’y ai cru. Comme tous les mordus de glisse qui tombent en dépression post-skium lorsque la saison est terminée.
D’abord parce que la neige est arrivée tôt cette saison, très tôt même.
Certains de mes potes m’ont dit : « ouais, c’est jamais bon quand il neige si tôt dans l’année. Y’aura rien pour l’ouverture de la saison, te fais pas d’illusions, gnagnagnagnagnagnagna »…
«Mais c’est pas des illusions mon gars, c’est de l’optimisme !!! Et puis qu’est ce que tu viens jouer les « monsieur météo/madame Soleil (rayez-la mention inutile) », tu skies même pas !!!! »

ça pose partout !!

Donc la neige tombe en masse je disais ; partout. Du jamais vu ici en Auvergne depuis plus de 15 ans. « Ça pose » comme on dit dans les milieux autorisés.
Branché 24H/24 sur la webcam du Lioran, je suis en temps réel l’évolution de l’enneigement de la station.
La nuit, je me réveille ; la vidéo est noire mais j’m’en fous, je suis nyctalope. Je jubile devant tant de puf .
« Faut que tu sois prêt pour le début de la saison, me chuchote cette petite voix ».
Alors je sors mes planches, mon kit de fartage-affutage, direction le garage. 10 minutes plus tard ça sent bon le fart chaud…..Je revis !!!! 

 

Quand te reverrais-je.....

Malheureusement les réjouissances seront de courte durée. Et de reports d’ouvertures en annulations, je dois me faire une raison : 
Cette année, il n’y aura pas de fondue aux cèpes avec Big Sanglier, Finesse et les autres plagneurs ; pas de ski entre amis.
Pas de sorties au Lioran, ni de paradis blanc en famille (si vous voulez savoir où il se trouve, envoyez-moi un courriel ! ). Pas d’émerveillement. 

L’hiver 2020-2021 sera une donc saison blanche. Cette expression n’a jamais aussi bien porté son nom tant la neige est tombée partout en Abondance.   

Si ce billet d’humeur peut paraître égoïste de prime abord, en fait il n’en est rien.
En tant qu’amoureux de la montagne (et surtout de la montagne en hiver) je pense à tous les acteurs du tourisme qui sont durement impactés par la situation actuelle. Et malgré des conséquences sans doute désastreuses pour beaucoup, il y a du positif dans tout ça.

Celles et ceux qui vivent du tourisme d’hiver ont ici une opportunité unique de se réinventer. De proposer une nouvelle offre d’activités qui permettra aux touristes de profiter de la montagne autrement. 
Le skieur a dû s’adapter et envisager la montagne d’une façon différente. Raquettes, ski nordique, ski de rando ou simplement ballades dans la neige ; cet hiver on vit la montagne différemment.

Enfin, il y a la première concernée : la montagne. On sait que cet écosystème fragile souffre de l’activité humaine et du réchauffement climatique.  
Et si cette saison blanche lui permettait de souffler un peu ?

 

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