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 » T’as un joli visage ! »

Lucie Rodriguez

Lucie Rodriguez

lucie.r@scarlettemagazine.com

« T’as un joli visage, tu serais tellement belle avec quelques kilos en moins » : Cette phrase vous est familière ? On ne veut plus l’entendre ! Un ouvrage nécessaire qui met en lumière la discrimination et l’invisibilisation dont sont victimes les personnes grosses. Au travers de témoignages aussi divers que poignants, il libère la parole, dénonce, remet en cause, informe et propose des solutions bienveillantes pour sensibiliser au respect des corps gros, que l’on soit soi-même concerné·e ou que l’on souhaite devenir un·e bon·ne allié·e.

Et pourquoi se sensibiliser à ce sujet aujourd’hui? Car on ne prête qu’aux beaux ! La beauté rime avec réussite, ce qui est beau nous paraît bon. Et ce n’est pas la télévision qui va nous dire le contraire. Les émissions type télé réalité, relooking extreme, les minis miss… reflètent cette tendance. Doit-on être forcément avoir les bonnes mensurations pour être présentable ? Doit-on vraiment se plier au moule? Doit-on subir la mode ?

Deux autrices, 2 parcours ...

Céline Ségure est une jeune plume engagée, portée sur des questionnements sociologiques et identitaires féministes. Comme de nombreuses femmes de sa génération, elle a été bercée par une culture médiatique et un environnement social grossophobe, cultivant le rejet et la haine des personnes dont l’IMC n’est pas dans la norme. Elle questionne aujourd’hui cette même idée de norme corporelle dans cet essai engagé, afin de faire bouger les lignes par la force de
témoignages et de bon sens.
Shérazade Leksir est une coach en PNL et hypnose ericksonienne, elle milite contre la grossophobie depuis son compte féministe @stopgrossophobie sur Instagram. Elle partage du contenu informatif, politique et propose un espace de témoignage déculpabilisant et sécurisant pour les personnes grosses. Elle est aussi coach et créatrice digitale, pour mêler ses deux passions : la pédagogie bienveillante et la vulgarisation d’analyses sociologiques sur l’origine de la grossophobie.

Lutter contre la discrimination envers les personnes grosses

La société véhicule une image de la beauté qui influence nos comportements; d’où le boom des produits minceurs et de la chirurgie esthétique. On assiste à des « râtés » qui ne découragent pourtant pas les clientes. Séjours-chirurgie en Tunisie, cures, mal-être… En plus de complexer des femmes de plus en plus jeunes, dans des étapes de la vie plus sensibles, cela risque de se laisser entrainer sous cette dictature. 

Hommes et Femmes sont embrigadés dans une guerre sans fin contre soi-même… Régimes impossibles, médicaments incertains, coupe-faim douteux, insultes, dépression; pour convenir à cette quête de la perfection sans jamais obtenir le résultat que l’on espère. 

En famille, au travail, les loisirs.. Tous ces secteurs peuvent être des « attaques ». Certaines chanteuses rondes comme Amel Bent a revendiqué son poids en chanson, et, aujourd’hui est l’ambassadrice d’une marque de régime, ou encore, Chimène Badi qui fait régime sur régime; finalement pas si à l’aise avec leur poids ou entrainer dans la propagande de la minceur… Le poids dérange t-il autant au point de se métamorphoser physiquement et d’aller à l’encontre de sa façon de penser ? 

Une question simple : est-ce qu’une femme posant en lingerie en taille 50 est jolie ? Le pire c’est que l’on apprend à dire non, mais comment sommes-nous arrivés à cette situation ? Ces discriminations interviennent également dans le milieu de la mode : On observe très peu de marques dépassant la taille XL et proposant de plus grandes tailles au même prix. La norme dans la mode, c’est l’exclusion. Naf Naf, Mango, Zara, IKKS, .. La liste est (trop) longue. On ne mérite pas de porter de « la marque » si on fait plus d’un 44? Belle représentation de l’image de la femme en 2022….

 Pourtant, autrefois les femmes étaient enrobées et tout le monde trouvait ça joli ! C’était un signe de bonne santé; contrairement à notre époque ! A partir de quand et de quelle taille sommes-nous « trop rondes » ? On a été formatée à apprécier la minceur, bouder les rondeurs dès notre plus jeune âge, pouvons-nous encore dire stop au body-shaming ? Place au Body-positivity et Body-neutrality ! 

Mettre fin à la grossophobie

Il y a eu face à ce phénomène, une révolte lancée par les femmes victimes de grossophobie. Quelle audace dans une société qui vit au rythme des régimes… Ces femmes revendiquent et assument, voire provoquent avec leurs rondeurs. On a vu des marques suivrent le mouvement (Dove), des émissions (Belle toute nue), des peoples lancées des tendances, des blogueuses (Stéphanie Zwicky), … Un petit progrès vers une ouverture d’esprit. Même si l’espace réservé « grandes tailles » dans les magasins a un côté un peu « pestiféré ». Pourquoi est-ce toujours aussi compliqué d’être à la mode quand on fait  plus d’une taille 50? 

L’ouvrage « T’as un beau visage »  informe, alerte et propose des solutions
pour lutter contre la discrimination envers les personnes grosses. Un sujet nécessaire et qui gagne en visibilité : bodypositivité sur Instagram, apparition
de comptes et de documentaires sur le sujet qui rencontrent un succès grandissant.
 Un essai qui dénonce, mais qui n’oublie pas de proposer des solutions à tous les
niveaux. Des témoignages inédits de personnes grosses au fil de l’essai.
Le ton informatif, journalistique et bienveillant en fait un ouvrage accessible, parfait pour sensibiliser tout un chacun.

Pour vous, pour vos amies, pour votre ouverture d’esprit, lisez le ! Soyez vous-mêmes, soyez heureuses !

Retrouver  Le livre (les éditions KIWI) Parution : 12 janvier 2022 18 € – 156 pages

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