Guérir son enfant intérieur

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Suite à une absence objective ou subjective du père ou de la mère, la carence d’amour interprétée comme telle par un enfant génère un sentiment de culpabilité. Etant par définition autocentré, il se croit responsable du malheur de ses parents ou indigne d’être aimé car il se sent délaissé. Parfois, le manque d’amour de la mère ou du père n’est pas celui que l’on croit. La mère a pu être indisponible  pour son enfant, ou moins disponible car préoccupée par la dépression de son mari, par exemple. Cela suffit pour créer chez l’enfant un manque d’approvisionnement narcissique. Il  éprouvera des difficultés à se materner, c’est-à-dire à s’écouter, à être bienveillant envers lui-même. Cette fausse interprétation  génère souvent une dépression infantile précoce refoulée, amortie et mise à distance par deux mécanismes amplifiés à l’âge adulte : l’expiation et la quête de l’innocence.

L’expiation consiste à s’auto-punir afin d’apaiser sa culpabilité imaginaire. Elle se traduit chez l’enfant par des peurs, des cauchemars,  des insomnies, des situations d’échecs. La quête de l’innocence pousse l’enfant à s’ériger en enfant thérapeute, pour soigner ses parents. Ce sont des enfants sages, inquiets.

Prendre soin de son enfant intérieur
Prendre soin de son enfant intérieur

Cette attitude s’accentue en vieillissant. L’adulte  s’érige alors  en mère Theresa, thérapeute universel, altruiste et toujours agréable avec autrui. Cet acharnement à se montrer bon et à vouloir rendre les gens heureux permet de contrebalancer la mauvaise image de soi pour atténuer sa certitude de non-mérite, voire d’indignité. Le jeune adulte se perd alors  dans une quête insatiable  de compliments et de reconnaissance pour alimenter son manque de narcissisme. Immature,  il est étouffé par un fort sentiment de culpabilité et un manque de confiance l’empêchant de se réaliser. Pour combler ce vide, il recherche une béquille identitaire dans l’amour fusionnel. La relation au conjoint est  alors déterminée par un besoin et non un simple et sain désir de l’autre. La co-dépendance s’installe, insidieusement. Il est illusoire de penser que l’on peut trouver la paix exclusivement dans la réalité extérieure, la fusion et la non-conflictualité.  Il s’agit d’une forme d’amour incestueux. Les deux amoureux ne sont pas psychologiquement différenciés et autonomes. Le couple demeure prisonnier de son passé, dans des rôles aliénés de patient et de thérapeute, dans la dépendance et le besoin, non porté par la liberté et la gratuité du désir réciproque.  S’il y a séparation, le sujet s’écroule et la dépression infantile précoce se ravive.

La fidélité à soi-même  s’effectue par une meilleure connaissance de soi, une réappropriation de sa parole, un positionnement plus net dans la rencontre avec autrui, caractérisé notamment par la volonté de ne plus se laisser définir par l’autre. Dans toute expérience amoureuse, reconnaitre que la fidélité à soi-même prend le pas sur la fidélité à l’autre est un deuil essentiel à vivre.

 Il m’appartient d’apprendre à m’aimer, pour pouvoir aimer et ainsi ne pas rester dans le besoin impérieux ou l’exigence d’être aimé.

Etre soi, jouir de la sécurité intérieure permet de ne pas craindre d’être jugé, et critiqué. Le regard d’autrui n’est plus une crainte fantasmatique reflétant la mauvaise image que l’on a de soi en raison de sa culpabilité. Le sujet ne craint plus de rentrer en conflit, il n’hésite plus à se défendre,  à dire non, à donner des limites.

Pour aller plus loin : « Guérir son enfant intérieur », de Moussa Nabati, Edition Livre de Poche

crédits photos Delphine Zamai

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