Vous pensiez avoir fait le tour des fantasmes ? Que nenni ! Cet été, entre deux rosé piscine (so 2024 je sais), Scarlette pourrait bien avoir déniché une bête de pratique sexuelle : le candaulisme. Derrière ce mot à coucher dehors (et seule) se cache un fantasme qui, lui, peut franchement faire monter la température : prendre du plaisir à voir son ou sa partenaire désiré·e, séduit·e, voire partager une intimité avec quelqu’un d’autre.
Alors, fantasme de voyeur, jeu de couple, antidote à la routine ou recette pour faire débarquer la jalousie avec ses gros sabots ? Scarlette vous dit tout sur le candaulisme : ce qui peut faire frissonner, ce qui peut rapprocher… et les petites bombes à désamorcer avant de jouer avec le feu.
Le fantasme qui fait lever un sourcil (et pas que)
Candaulisme. Rien que le mot semble sortir d’un vieux dictionnaire coquin poussiéreux.
Pourtant, derrière ce terme piteux pour la dyslexique que je suis, se cache un fantasme assez simple : prendre du plaisir à voir son ou sa partenaire s’envoyer en l’air avec une autre personne. Le degré de participation varie selon chaque desiderata de chacun. Il peut passer par le jeu de séduction, le récit d’une aventure, le regard d’un tiers ou une rencontre à trois.
Et non, ce n’est pas exactement de l’échangisme. Mais plus une tendance au voyeurisme. Car dans dans le candaulisme, l’un des partenaires peut rester spectateur et trouver son plaisir dans le fait de voir l’autre prendre du plaisir.
Le terme vient de Candaule, roi de Lydie raconté par Hérodote, qui aurait voulu montrer la beauté de son épouse à son serviteur… sans que celle-ci le sache. Une origine historique plutôt problématique, donc. La version moderne, elle, repose justement sur l’inverse : personne ne doit être exposé sans son consentement.
Ouf, Scarlette était à deux doigts de sortir son petit drapeau rouge. Dieu me tamponne, on a renversé la table plusieurs fois, voyons la dernière version d’un fantasme à la sauce consentie.

« Je veux te voir désirée » dit monsieur-dame
Voici Clara et Thomas. Ils sont ensemble depuis 12 ans. Un soir, Thomas lui confie un fantasme : faire l’amour avec un homme sous ses yeux. «Au début, j’ai rien compris, témoigne Clara en souriant. J’ai vraiment cru qu’il voulait juste changer de partenaire, et d’un autre sexe en plus. Mais en parlant, j’ai ressenti des trucs, et j’ai compris que moi aussi, ce nouveau modèle m’intriguait, j’en tremblais d’excitation» .
Ils commencent doucement. Un jeu de regard dans un bar. Une tenue choisie ensemble. Des messages racontés le soir. Rien n’est obligatoire. Puis Clara comprend que ce fantasme est aussi devenu le sien. Voilà peut-être l’un des aspects les plus intéressants du candaulisme : le désir de l’autre peut devenir un miroir dans lequel on se redécouvre soi-même. À condition de ne pas transformer ce miroir en obligation. Car comme dans le BDSM, le consentement et les codes sont la base d’une bonne expérience.
Une enquête menée par l’institut de sondage Discurv pour « Le Point », révélait que parmi leurs fantasmes, 32% des Français interrogés souhaitaient regarder d’autres personnes faire l’amour.
Regarder son homme avec un autre homme : pourquoi ça peut exciter ?
Alors, forcément, le fantasme peut franchir une petite marche supplémentaire : « Et si mon mec faisait ça avec un autre homme… et que je le regardais ?». Là, on touche au candaulisme dans une version qui bouscule encore davantage les codes. Ce qui peut exciter n’est pas nécessairement l’idée de «partager» son compagnon, mais son désir, son plaisir, sa confiance, le voir abandonner momentanément le rôle de l’homme que l’on connaît pour devenir simplement… un homme désiré. Pour certaines femmes, le trouble vient aussi de cette place de spectatrice privilégiée : regarder son compagnon dans une intimité inhabituelle, découvrir une facette de lui qu’elle n’avait jamais vue, et constater que cette transgression-là lui plaît. Le fantasme ne dit pas forcément «j’ai envie d’un homme» ; il peut simplement murmurer «j’ai envie de voir mon homme autrement». Scarlette trouve que cette nuance mérite largement qu’on lui ouvre la porte et qu’on lui décerne un green flag.

Avant de jouer avec le feu…
Comme dans le BDSM ou toute autre pratique sexuelle qui implique plusieurs personnes, le désir ne dispense pas de règles. Au contraire. On parle avant. On définit les limites. Qui peut faire quoi ? Qu’est-ce qui reste strictement privé ? Quelles informations peut-on partager ? Que se passe-t-il si l’un change d’avis ? Et surtout : le tiers est lui aussi une personne, pas un accessoire du fantasme conjugal. Son consentement doit être tout aussi clair : il ou elle doit savoir dans quelle dynamique de couple il entre, quelles sont les règles posées et quelle place on attend réellement de lui ou d’elle.
Parce qu’une expérience peut être formidable sur le moment et faire remonter des émotions inattendues quelques heures ou quelques jours plus tard. Le candaulisme peut alors devenir une formidable école de communication… ou un joli révélateur des problèmes que le couple préférait ne pas regarder.
Au fond, la question n’est donc peut-être pas : « Jusqu’où êtes-vous prêts à aller ? » Mais plutôt : « Jusqu’où avons-nous envie d’aller, ensemble, sans que personne ne se perde en chemin ? »

