De Sciences Po à Miss Paris 2026 : le pari inattendu de Juliette Bizot

Portrait Miss Paris - Juliette Bizot
Juliette Bizot, Miss Paris 2026 par @Chloé Photografille

À 27 ans, Juliette Bizot vient d’être élue Miss Paris 2026. Un titre que peu auraient forcément associé à cette ancienne élève de prépa littéraire, diplômée de sciences politiques, aujourd’hui consultante en affaires publiques dans les secteurs des énergies renouvelables et de la mobilité durable.

Sur le papier, tout semblait presque l’éloigner des concours de beauté. Et pourtant, c’est précisément ce décalage qui rend son parcours intéressant. Juliette Bizot n’incarne pas une Miss lisse, attendue, calibrée. Elle est surtout la preuve qu’une femme peut passer d’une réunion sur les énergies renouvelables à une élection de Miss sans avoir à renoncer à une partie d’elle-même.

Passionnée de danse orientale, engagée pour la cause des aidants et touchée de près par la maladie d’Alzheimer, la nouvelle Miss Paris avance avec une idée simple : utiliser cette visibilité inattendue pour porter autre chose qu’une couronne. Rencontre avec une jeune femme qui n’était peut-être pas là où on l’attendait.

Naturelle et spontanée, Juliette Bizot n’a pas besoin d’en faire trop pour briller. Aucune arrogance, encore moins de suffisance. Sa lumière et sa douceur suffisent. Une élégance tranquille. Un sourire délicat, un regard pétillant. On pourrait croire à une héroïne parisienne sortie d’un film de Sofia Coppola ou Emily in Paris : chic sans effort, pleine de fraîcheur, un peu rêveuse (et parfaitement coiffée). Pourtant, derrière l’image de Miss Paris 2026 et de son mètre 77, il y a surtout une jeune femme qui doute, stresse parfois, travaille, réfléchit, s’engage… et refuse de se laisser enfermer dans une case.

Qui est Juliette Bizot, la nouvelle Miss Paris 2026 ?

« Je crois que la modernité aujourd’hui, c’est justement de sortir des cases »

Portrait Miss Paris - Juliette Bizot

Juliette Bizot n’est pas née à Paris. Elle vient de Besançon, puis passe par Nancy pour une prépa littéraires hypokhâgne – khâgne, avant de rejoindre la capitale pour intégrer une école de sciences politiques. Elle ne se verrait pas ailleurs qu’à Paris : « J’adore cette ville ! » Une trajectoire brillante, sérieuse, presque tracée. Aujourd’hui, elle travaille comme consultante en affaires publiques dans les secteurs des énergies renouvelables et de la mobilité durable. Un métier exigeant, technique, loin des clichés que l’on colle trop facilement aux concours de Miss. « Même mes amis ont été surpris quand je leur ai annoncé ma participation à Miss Paris : quoi ? Toi ? »

Comme si une couronne effaçait automatiquement l’intelligence et les convictions. Une femme ne peut-elle pas aimer les belles robes et avoir un cerveau bien rempli ?

Chez Scarlette, nous pensons que si… Et ce n’est pas Juliette qui dira le contraire. Elle peut parler énergies renouvelables le matin, enfiler une robe le soir et répéter une chorégraphie de danse orientale entre deux rendez-vous. Une pluralité assumée, moderne, vivante. « Je crois que la modernité aujourd’hui, c’est justement de sortir des cases. »

Pourquoi Juliette Bizot a décidé de participer à Miss Paris ?

Au départ, l’idée vient presque comme une plaisanterie. Dans sa troupe de danse orientale parisienne, on lui répète depuis des années qu’elle devrait tenter Miss France. Juliette sourit, sans vraiment y croire. Sans y penser. Sauf qu’un jour, la jeune femme a osé ! « Et le fait est que je me suis prise au jeu ! » plaisante-t-elle. Très vite, elle découvre l’envers du décor. Les répétitions. Les discours. Les shootings. La pression. Mais heureusement aussi, la sororité entre les candidates. Les réseaux sociaux à faire vivre. Le regard des autres aussi. Celui qui juge vite, et souvent sans savoir…

Comment Juliette Bizot a remporté l'élection Miss Paris 2026 ?

Portrait Miss Paris - Juliette Bizot
@Alexys Preira

Mais plus l’aventure avance, plus Juliette comprend que ce concours peut devenir autre chose : une plateforme, une voix, une manière d’incarner des valeurs. « J’ai compris qu’on ne nous demandait pas seulement d’être jolies. On nous demande aussi qui nous sommes. » Miss Paris, ce n’est pas qu’un visage et un corps. C’est aussi une allure, une présence, un tempérament, des idées et un soupçon de maturité pour faire la différence.

Alors elle travaille. Beaucoup. Elle soigne ses discours. Prépare ses prises de parole. Réfléchit à ce qu’elle veut défendre. Parce qu’à 27 ans, Juliette n’a plus envie de faire semblant. Elle veut être alignée avec elle-même. Et le soir de l’élection, dans l’immense théâtre Mogador et ses 1500 spectateurs, son engagement et sa préparation prennent tout leur sens : Juliette décroche la couronne de Miss Paris 2026. « J’ai été submergée par l’émotion… et profondément fière du chemin parcouru. »

Juliette Bizot face aux critiques sur son physique

Le paradoxe est beau : aujourd’hui, Juliette défile sur scène dans des robes de princesse. Pourtant adolescente, son corps était loin d’être perçu comme un “atout”. « Au collège, j’étais la “grande perche maigrichonne“. On me disait qu’aucun garçon ne me trouverait jolie. » Des phrases lancées comme ça, presque anodines. Mais qui restent parfois longtemps accrochées au cœur des petites filles. Heureusement, elle n’en a jamais vraiment souffert. « J’ai compris très tôt qu’il était inutile de se battre contre ce que l’on ne peut changer. Mon corps est comme il est et j’ai rapidement appris à l’accepter. »

Du haut de ses 27 ans, Juliette Bizot parle de son image avec beaucoup de lucidité. « C’est un vrai travail d’acceptation de soi. Mais j’arrive à prendre du recul. Je le vis comme une expérience incroyable, mais je ne sauve pas des vies pour autant. » Juliette Bizot garde facilement les pieds sur terre. Et c’est aussi ce qui la rend touchante. Parce que derrière l’assurance des podiums, se cache encore une jeune femme qui ne croit pas totalement à ce qui lui arrive.

Son petit tip pour paraître sereine au moment de défiler sur scène ? Se répéter intérieurement : « Je vais tout déchirer. Tout le monde va me trouver incroyable. » Un mantra pour se donner du courage. « Même si au fond de moi je juste morte de peur ! » Pour Juliette en tout cas, le mantra magique semble avoir rudement bien marché…

Pourquoi la cause Alzheimer est au cœur de son engagement ?

Sous les strass, Juliette porte aussi des combats beaucoup plus intimes. « Deux de mes grands-parents ont été touchés par la maladie d’Alzheimer. J’ai vu à quel point des familles explosent, s’épuisent, avancent souvent très seules, sans parler des aidants qui s’oublient à la tâche. » Des sujets que l’on aborde encore trop peu selon elle et qu’elle a décidé de porter sur les scènes des Miss comme un cheval de bataille. Autant de combats qu’elle souhaite faire briller pendant son règne, plus fort encore que les pierres de sa couronne.

« Je veux profiter de cette petite notoriété pour porter ces messages, me renseigner sur les hôpitaux, les associations, porter des actions caritatives… Je ne suis peut-être que Miss Paris, mais je vais avoir un peu de visibilité pendant un an. Alors je tiens à la mettre à profit pour porter ces thématiques de santé qui me tiennent à cœur. » Faire entendre une parole plus humaine autour de ces maladies. Parce qu’au fond, derrière les robes et les photos, c’est aussi ça qu’elle cherche : être utile.

Et pour nous chez Scarlette, c’est là que se trouve sa véritable grâce : dans ce désir sincère de se servir de sa notoriété pour être utile aux autres.

Prochaine étape : Miss Île-de-France 2026

Alors qu’elle réalise à peine ce qu’elle est en train de vivre, Juliette Bizot doit déjà préparer la suite : l’élection Miss Île de France du 20 septembre prochain. « J’y crois. Je vais tout donner pour y arriver : prendre des cours de catwalk, continuer à mobiliser mes proches, animer mes réseaux sociaux, puis, mine de rien, entamer une vraie préparation sportive pour être au top et assumer toutes les répétitions sur la longueur. » Vivre une aventure folle, tout en gardant une forme de recul. « Je serais bien sûr déçue si l’aventure s’arrête… mais l’important c’est de me donner à fond, d’être au maximum, pour ne pas avoir de regrets. »

Pour lâcher un peu de pression, Juliette revient souvent à une phrase que lui répète son père : « Fais les choses sérieusement, mais sans te prendre au sérieux. » Tout est là. Dans cette capacité à rêver sans perdre pied. À viser haut sans jamais écraser les autres. Et oser une folie, tout en gardant la tête sur les épaules. Car derrière Miss Paris, il y a surtout une jeune femme profondément ancrée dans le réel. Une femme qui travaille, qui doute, qui voyage, qui danse, qui milite… Convaincue que les « ondes positives » ne suffisent pas sans effort, elle rappelle volontiers que « l’on n’a rien sans rien ». Et surtout, quelqu’un qui sait que rien n’est jamais totalement acquis et qui avance quand même.

Peut-être parce qu’au fond, les vraies reines ne sont pas celles qui portent une couronne et une écharpe de Miss. Mais celles qui trouvent un jour le courage d’habiter pleinement une place qu’elles n’auraient autrefois jamais osé rêver pour elles-mêmes.

Une icône féminine

Julie Chapon, la cofondatrice de Yuka. Une femme entrepreneure, engagée pour la santé et la planète, que Juliette admire pour sa modernité et sa capacité à concilier convictions, réussite et impact positif.

Son style en un mot

« Élégant », répondent souvent ceux qui la connaissent. Au travail, Juliette évolue dans un univers très corporate où blazers, chemisiers et slingbacks font partie du décor. Mais dès qu’elle le peut, elle aime y glisser un supplément d’âme : une robe longue, une dentelle délicate, un détail qui attire discrètement la lumière.

L'astuce beauté

Les drainages du visage au réveil. « Le matin, je fais quelques gestes de drainage lymphatique pour décongestionner les traits et réveiller l’éclat du visage. » Une routine simple, presque méditative, qu’elle complète avec un autre rituel dont elle ne peut plus se passer : les masques LED. « C’est hyper efficace… même si je fais un peu peur à mon compagnon quand je le porte ! », plaisante-t-elle.

Une tenue fétiche

Un jean denim parfaitement coupé, un tee-shirt blanc, un blazer chic et quelques bijoux bien choisis. Une silhouette intemporelle, élégante sans en faire trop, à l’image de la jeune femme qu’elle est au quotidien.

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