Il y a des femmes qui aiment être sous le feu des projecteurs. Et puis il y a celles qui préfèrent éclairer le chemin des autres. Morgane Dupuy appartient à cette seconde catégorie.
Influenceuse, entrepreneure, formatrice et experte du digital, la jeune trentenaire s’est imposée comme l’un des visages incontournables de la communication en Haute-Loire. Pourtant, derrière ses vidéos pleines d’humour et son aisance apparente, se cache une femme qui a longtemps douté d’elle-même.
Rien ne la destinait vraiment à suivre cette voie. Encore moins à faire des réseaux sociaux un outil pour aider les entreprises, les commerçants et les entrepreneurs à révéler leur potentiel. C’est pourtant cette histoire que raconte son parcours.
De petite fille timide à reine du digital au service des autres
Avant de devenir l’un des visages de la communication en Haute-Loire, Morgane Dupuy se voyait dans un tout autre univers. Longtemps, elle s’est même imaginée ailleurs : dans les couloirs d’un hôpital plutôt que derrière une caméra de smartphone. Son premier métier fut celui d’aide-soignante. « J’aime prendre soin des autres. » Car si les outils ont changé, l’intention reste la même. Aujourd’hui encore, Morgane accompagne, encourage et valorise. Elle soigne, mais sans blouse blanche : « Les entreprises et commerçants me confient leur image, à moi de la faire rayonner. »
A l’époque pourtant, la jeune femme ne mesure pas encore ce qui sommeille en elle. Malgré sa timidité maladive, elle est curieuse de tout. Elle observe, expérimente et apprend seule. Sans école prestigieuse. Sans plan de carrière. Mais avec un feeling et une intuition qui lui soufflent depuis toujours de suivre ce qui l’anime. D’abord sur les podiums de Miss, poussée par ses parents. « Ça m’a clairement aidé à oser ! Oser défiler, monter sur scène, prendre la parole en public… ». Puis sur les réseaux sociaux où elle excelle désormais, grâce à « sa patte » et son autodérision.
Le jour où le digital est devenu une évidence
L’histoire bascule presque par hasard… « Je partageais des looks sur une application qui s’appelait 21 Bottoms. Ça me permettait de gagner quelques centimes grâce à l’affiliation. » Mais derrière ces premiers clics, Morgane découvre quelque chose de bien plus précieux : une véritable communauté. « Des femmes m’écrivaient de partout en France pour se renseigner, acheter des vêtements, me demander des références, me suivre sur les réseaux… Et moi, échanger avec les gens, c’est ce que je préfère ! »
Quand elle s’installe au Puy-en-Velay, une question s’impose : poser un CV à l’hôpital ou se lancer dans le digital. Elle choisit la deuxième option. Une décision qui ressemble aujourd’hui à un saut dans le vide, mais qui, à ses yeux, relevait avant tout de la passion et de l’instinct.
Une communauté avant une audience

Alors que son projet de e-commerce @gardederobe est prêt à voir le jour, la pandémie de Covid-19 vient tout bouleverser. Morgane décide d’attendre. Les autres commerces souffrent. À la place, elle raconte son quotidien sur les réseaux sociaux. Celui d’une aide-soignante en reconversion, qui construit son entreprise entre deux gardes : « Et je crois que c’est ça qui a plu ! » Du jour au lendemain (ou presque) son compte explose ! « 10 000 followers d’un coup, sans que je ne le vois venir. »
À la sortie de la crise sanitaire, lorsque sa première collection est mise en vente, son stock disparaît en 20 minutes. « J’étais choquée ! J’ai pris peur, avoue-t-elle aujourd’hui en riant. Et surtout, j’ai eu envie de savoir qui étaient ces femmes qui m’achetaient des vêtements ! » Ni une ni deux, Morgane organise un événement sur Paris avec 20 filles de sa communauté : « de Suisse, d’Espagne et de toute la France ! C’était génial ! » Parce qu’au fond, ce n’est pas après la notoriété que Morgane n’a de cesse de courir, mais après le lien humain et les vraies relations. Une communauté à qui elle doit beaucoup : « Je parle beaucoup d’entraide féminine, parce que ces filles sur Internet m’ont suivi, boosté, soutenu. Elles m’ont élevé. »
Quand l'humour devient un outil de communication

Et si la jeune influenceuse a réussi à se faire une place dans un univers déjà saturé de contenu, ce n’est ni grâce aux nombreuses formations qu’elle a suivies — poussée par un syndrome de l’imposteur tenace — ni à une recette miracle du marketing. Non. Sa véritable force est ailleurs : dans sa façon de parler aux gens. Dans son humour et son autodérision. Dans cette capacité à rendre les entreprises et commerces avec qui elle travaille accessibles, humains, attachants.
Chez Morgane, pas de communication froide ou formatée. Une pizza dégustée au bord d’une course cycliste, un spritz partagé en terrasse, une séance de microblading filmée sans filtre… Chaque contenu raconte une histoire avant de chercher à vendre. L’humour, l’autodérision et la spontanéité remplacent les discours trop lisses. Résultat : une communication vivante, dans laquelle chacun peut se reconnaître. On raconte des histoires, souvent drôles, parfois loufoques. Mais une chose est sûre, on passe un bon moment et on ne s’ennuie jamais quand Morgane Dupuy est dans les parages.
« Les gens n’ont plus envie qu’on leur dise : "allez, achète !" Ils ont envie qu’on leur fasse ressentir quelque chose ! »
Morgane Dupuy

Et c’est là que la jeune femme se démarque : son humour devient un outil. Sa spontanéité aussi. Et cette légèreté, loin d’être superficielle, est presque un engagement.
« Le monde est déjà assez stressant comme ça, non ? » Alors si elle peut y ajouter un peu de joie, elle le fait volontiers. Et nous, chez Scarlette, on adore ça !
La sororité et l’entraide comme moteurs
Au fil de la conservation, un mot revient souvent : « les femmes ». Celles qui l’ont encouragée, soutenue, inspirée. Celles qui lui ont fait confiance alors qu’elle débutait… Morgane parle de sororité avec une sincérité désarmante. « J’aime dire qu’il faut se saucer entre filles ! » Autrement dit, se soutenir, se complimenter, se valoriser. Une formule savoureuse, mais qui traduit une conviction profonde : celle d’avoir pu compter sur les autres. « Je me suis nourrie de chaque personne. Et c’est un peu grâce à ma communauté et aux personnes que j’accompagne. Je ne m’attribue rien. Je dois surtout beaucoup. » Sans jamais oublier de tendre la main en retour.
En revanche, elle a dû apprendre seule à prendre du recul. « Je me suis longtemps épuisée au travail. » Jusqu’à ce qu’elle apprenne à relativiser, à ralentir… À protéger certains moments en famille et entre amis. À profiter d’une sortie dans un village. Bref, à vivre tout simplement (et parfois même sans téléphone). « À dormir aussi, c’est ma grande passion ! » plaisante-t-elle. Parce qu’elle sait désormais qu’une femme épanouie est souvent plus performante qu’une femme épuisée.
Faire rayonner les autres avant tout
Aujourd’hui, Morgane Dupuy pourrait facilement mettre sa propre image au centre de tout. Les réseaux sociaux le permettraient. Son audience également. Mais ce n’est pas ce qui l’anime ! Ce qu’elle aime le plus désormais, c’est de voir les autres réussir grâce à son travail. Voir une entreprise gagner en visibilité, voir un jeune entrepreneur prendre confiance, voir un projet décoller… « Je kiffe mes clients en fait ! », lâche-t-elle en riant. Une phrase qui résume assez bien sa façon d’aborder son métier.
Au fil des années, Morgane Dupuy a trouvé sa place sans jamais chercher à ressembler aux autres. Ni influenceuse au sens où on l’entend souvent, ni simple communicante, elle a fait du digital un outil au service de l’humain. Au fond, elle n’a peut-être jamais vraiment changé de métier. Hier, elle prenait soin des personnes. Aujourd’hui, elle prend soin des projets, des entreprises et de celles et ceux qui les portent. Les outils ont changé, pas l’intention. Une autre façon, finalement, de prendre soin des autres.
Et si, sans même s’en rendre compte, Morgane avait rejoint le cercle de ces femmes qu’elle admire tant ? Une femme qui entreprend, qui crée, qui élève, qui inspire et qui avance, sans demander la permission.

