Une licorne à un anniversaire, un tigre à la kermesse, trois paillettes avant une fête. Et, à l’approche d’Halloween, évidemment, un vampire, une sorcière ou un squelette qui exige du noir partout — et de préférence cinq minutes avant de partir.
Le maquillage fait partie du jeu. Et on ne va certainement pas transformer une moustache de chat en problème de santé publique. Mais il y a tout de même quelque chose d’assez paradoxal dans nos habitudes : on peut passer vingt minutes à comparer deux sérums pour notre propre visage et acheter, dans l’urgence, la première palette multicolore venue pour celui de notre enfant.
Alors, qu’est-ce qu’on regarde ?
“Naturel”, “bio”, “spécial enfant”, “peau sensible”, petites feuilles vertes sur l’emballage… À première vue, tout semble plutôt rassurant. À première vue seulement. Car ces mots ne racontent pas tous la même chose et, surtout, un produit destiné aux enfants mérite peut-être qu’on retourne la boîte avant de retourner le salon pour retrouver le costume.
À quelques jours d’Halloween, on a donc décidé de regarder d’un peu plus près ce que l’on met réellement sur leurs joues.
La peau en vert fluo, oui. La composition flippante, moins.
Soyons réalistes : le 31 octobre, personne ne rêve d’un maquillage nude très subtil. Il faut du blanc, du noir, du rouge, parfois du vert, et suffisamment de matière pour que le vampire ne ressemble pas à quelqu’un qui a simplement mal dormi.
Le problème n’est pas la couleur. C’est plutôt de considérer qu’un produit utilisé “juste pour une soirée” peut être choisi les yeux fermés.
Premier réflexe, donc : vérifier qu’il s’agit bien d’un cosmétique adapté à l’âge de l’enfant, regarder les précautions indiquées par le fabricant et éviter d’improviser avec des produits dont on connaît mal l’origine. Et non, “bio” ne signifie pas davantage “zéro risque d’allergie”. Même les fabricants de maquillage certifié recommandent parfois un essai préalable et demandent d’éviter les yeux et les muqueuses.
Autre détail que l’on oublie facilement : moins peut très bien suffire. Un nez noir, quelques traits, une bouche rouge… Un enfant n’a pas besoin d’être recouvert jusqu’aux oreilles pour que l’on comprenne qu’il est devenu Dracula.
Notre repérage : Namaki, Halloween sans le grand frisson côté formule
Pour Halloween, Namaki est particulièrement cohérente : la marque est spécialisée dans le maquillage ludique pour enfants et propose des références pensées spécifiquement pour les déguisements.
C’est typiquement ce qu’on rechercherait pour cette soirée : des couleurs qui permettent de jouer vraiment le jeu, mais dans une gamme pensée dès le départ pour les plus jeunes. Le bon compromis entre l’enfant qui veut être méconnaissable et le parent qui aimerait tout de même savoir ce qu’il lui étale sur le visage.


“Naturel”, “bio”, “pour enfant” : trois mots, pas trois synonymes
C’est probablement là que les choses deviennent les plus confuses. Parce qu’un packaging beige, deux feuilles dessinées dans un coin et le mot « nature » écrit en jolies lettres ne constituent toujours pas une certification. Dommage, c’était pratique.
Commençons par le plus trompeur : naturel ne veut pas dire bio. Un cosmétique peut contenir une grande majorité d’ingrédients d’origine naturelle sans que ceux-ci soient issus de l’agriculture biologique. Lorsqu’un produit affiche une certification comme COSMOS Organic, en revanche, il doit répondre à un cahier des charges précis et être contrôlé par un organisme certificateur. COSMOS distingue d’ailleurs bien les deux : COSMOS Natural d’un côté, COSMOS Organic de l’autre.
Et la mention « pour enfant » ? Elle ne veut dire ni naturel, ni bio. Elle indique à qui le produit est destiné. Ce qui ne dispense surtout pas de regarder l’âge indiqué sur l’emballage et les précautions d’utilisation. Un maquillage peut parfaitement avoir été conçu pour les enfants tout en étant déconseillé aux moins de 3 ans.
Bref : “pour enfant” nous renseigne sur l’usage, “naturel” sur l’origine des ingrédients, “bio” sur des exigences supplémentaires lorsqu’il est adossé à une certification. Trois informations différentes. Et trois bonnes raisons de retourner le paquet plutôt que de s’arrêter aux petites feuilles vertes imprimées devant.
Et promis, pas besoin d’un master en cosmétologie : à qui ce produit est-il destiné ? À partir de quel âge ? Est-il simplement présenté comme naturel ou possède-t-il une certification identifiable ? Y a-t-il des précautions particulières ? Quatre questions suffisent déjà à y voir beaucoup plus clair.
Faut-il pour autant partir à la chasse au 100 % bio comme si tout le reste était infréquentable ? Non. L’idée est beaucoup plus simple : savoir ce que l’on achète plutôt que se laisser rassurer par trois mots sur la face avant du paquet.
Et puis il reste la question la plus basique de toutes : est-ce vraiment nécessaire de posséder quinze couleurs ?
Un enfant qui adore se maquiller régulièrement n’aura pas les mêmes besoins qu’un autre qui réclame deux moustaches à Carnaval et un nez rouge à Noël. Quelques crayons bien choisis peuvent parfois être beaucoup plus intéressants qu’une énorme palette dont douze teintes ne sortiront jamais de leur case.
Notre repérage : Nature by Grim’Tout, les crayons qui vont droit au but


C’est justement ce qui nous plaît chez Nature by Grim’Tout : on trouve des formats simples, notamment des crayons certifiés COSMOS Organic, utilisables directement sur une peau propre.
Pour le clin d’œil d’octobre, difficile de résister au coffret BOOH! : noir, blanc, rouge et vert d’eau, soit largement de quoi produire quelques créatures peu fréquentables.
Les quatre crayons sont annoncés 100 % d’origine naturelle, avec 30 % du total des ingrédients issus de l’agriculture biologique, et sont certifiés COSMOS Organic par Ecocert Greenlife. La marque précise également qu’ils ne conviennent pas aux moins de 3 ans et recommande un test au pli du coude avant utilisation.
Et pour le reste de l’année, la gamme ne s’arrête heureusement pas aux morts-vivants : animaux, univers aquatiques, teintes scintillantes ou crayons à l’unité permettent d’éviter d’attendre octobre prochain pour les ressortir.
Le démaquillage : parce que Dracula doit quand même aller se coucher
C’est la partie nettement moins enthousiasmante de la soirée… À 21 h 47, Dracula ne veut plus être Dracula. Il veut dormir. Et nous aussi. C’est généralement à ce moment-là que l’idée de frotter rapidement le visage avec ce qui nous tombe sous la main devient étrangement séduisante. Mauvaise idée !
Une fois la fête terminée, l’objectif n’est pas de décaper la peau jusqu’à retrouver l’enfant dessous. On suit d’abord les indications du produit utilisé : certains maquillages à l’eau se retirent très simplement avec de l’eau et un nettoyant doux. Chez Nature by Grim’Tout, par exemple, les crayons BOOH! sont annoncés comme se retirant à l’eau et au savon.
Et si une zone résiste ? On recommence doucement plutôt que de frotter davantage. Une peau d’enfant rougie par le démaquillage n’est pas vraiment le souvenir que l’on cherche à conserver de la soirée.
C’est aussi une bonne occasion de leur apprendre quelque chose que certains adultes oublient encore : se maquiller implique de se démaquiller. Même quand on est une sorcière, même quand on est épuisé. Et même quand “maman, ça partira demain” semble soudain constituer une proposition parfaitement raisonnable.
Notre repérage : OUATE, quand la fête est finie
Pour cette étape, plutôt qu’une nouvelle palette, on préfère regarder du côté du soin.
OUATE développe justement des produits destinés à la peau des enfants. La marque a d’ailleurs déjà associé son univers à celui de Namaki autour d’Halloween, en mettant l’accent sur le nettoyage doux après les maquillages festifs. (Dès 4 ans).

C’est finalement peut-être le produit auquel on pense le moins au moment d’acheter un maquillage de fête. Pourtant, savoir comment il va partir devrait presque faire partie des critères de choix.
Alors, faut-il passer au maquillage bio pour les enfants ?
Pas besoin de transformer chaque anniversaire en audit cosmétique. En revanche, prendre trente secondes pour regarder à qui le produit est destiné, son origine, ses précautions d’utilisation et, lorsqu’il revendique du bio, la certification qui accompagne cette promesse, ce n’est pas devenir obsessionnel. C’est simplement acheter un cosmétique comme… Un cosmétique.
Et puis Halloween ne s’arrête pas toujours au démaquillage. Entre le sucre, l’excitation, la fatigue et parfois quelques émotions qui débordent au moment de rentrer, la soirée peut aussi se terminer avec un petit monstre qui n’a plus besoin de costume. Comment l’aider à redescendre ? On vous explique aussi comment aider les enfants à apprivoiser leurs émotions.
Halloween peut bien rester la soirée des choses effrayantes. La liste d’ingrédients n’est pas obligée d’en faire partie.

